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Assurer les remplacements des enseignants : une priorité majeure pour les parents d'élèves de Seine-et-Marne !

   Le congrès départemental de la FCPE de Seine-et-Marne est l'occasion pour ses 350 Conseils Locaux de se retrouver, de partager les expériences et les difficultés, et de se rendre compte que, souvent, les problèmes que certains rencontrent localement sont largement partagés sur le territoire.Dans ce cas, seule une prise de conscience collective et une action commune, concertée et ambitieuse, peuvent permettre de faire avancer les choses.

De nombreux sujets ont, de cette façon, animé la réunion annuelle des parents d'élèves FCPE de Seine-et-Marne.A l'occasion du congrès 2014, réuni à Fontainebleau, c'est le sujet du remplacement, ou plus exactement, du non-remplacement d'un certain nombre d'absences d'enseignants, qui a cristallisé les mécontentements et animé les débats.Proposée par les Conseils Locaux FCPE des Ecoles de Veneux-les-Sablons et du Collège Alfred Sisley de Moret-sur-Loing, une motion exigeante sur ce sujet sensible a été soutenue par l'unanimité des congressistes présents (voir le texte de la motion, en cliquant ici). En mettant en avant ce texte, les parents d'élèves FCPE de Seine-et-Marne ont voulu envoyer un message, teinté d'exaspération, aux services de l'Education Nationale. Ils n'ont en aucun cas voulu mettre en cause les enseignants du département, qui ont le droit d'être absents lorsque cela est nécessaire, et qui le sont, la plupart du temps, que contraints et forcés. Ils ont simplement désiré faire de ce thème un axe prioritaire de l'action du Conseil d'Administration départemental et de son Bureau exécutif pour l'année scolaire 2014/2015. Pour faire en sorte que le service public de l'éducation ne s'arrête pas de fonctionner lorsque certains de ses agents sont contraints de s'absenter

 

Quel est l'ampleur du phénomène ?

 

 Chaque parent d'élèves, qui connait par ses enfants un "problème de remplacement", a le sentiment épidermique que ce phénomène est récurrent. Les échanges sur ce sujet, qui interviennent chaque année entre la fédération départementale et ses Conseils Locaux, accentuent cette impression. Mais existe-t-il des données fiables, officielles, reconnues, qui permettraient de quantifier cette problématique à l'échelle d'un territoire ?Pour le Secondaire, le Rectorat de Créteil n'a pas souhaité communiquer les informations en sa possession. Les parents d'élèves ne peuvent donc se baser que sur leur sentiment et leur expérience, ainsi que sur les nombreux articles de presse, pétitions et appels à la mobilisation, dont ils peuvent avoir connaissance chaque année.Pour le Primaire, la FCPE de Seine-et-Marne dispose des chiffres officiels, clos et définitifs, émanant de la Direction Générale de l'Enseignement Scolaire (DGESCO) du Ministère de l'Education Nationale. Pour l'année scolaire 2012/2013, dernier exercice validé définitivement, ce sont pas moins de 18 107 jours de classe, qui n'ont pas été assurés dans les écoles maternelles et élémentaires de Seine-et-Marne, faute de remplaçant mandaté pour palier à l'absence de l'enseignant titulaire. C'est comme si 126 des 6 228 classes du département étaient restées fermées toute l'année !
Ces chiffres impressionnent. Ils ne doivent être compris que comme un appel à saisir l'ampleur du problème, pour pouvoir y apporter une réponse proportionnée au besoin. D'ailleurs, les parents d'élèves ont bien noté une amélioration de la situation, tant dans le Primaire que dans le Secondaire. C'est bien. Mais il faut poursuivre dans cette voie et assumer de faire du remplacement une politique prioritaire de l'école.

 

Au delà des cours non assurés,

qu'est-ce qui inquiète et mobilise les parents d'élèves ?

 

Une communication trop généralement défaillante et anxiogène

 Que ce soit dans le Primaire ou dans le Secondaire, l'information sur les absences et surtout sur les remplacements d'enseignants est très souvent tardive, imprécise, quand elle ne génère pas carrément stress et colère des familles. Dans le Primaire, il n'est pas rare d'être invité à repartir avec son enfant, non pas parce qu'il n'est pas prévu de pourvoir au remplacement pour son enseignant, mais parce que la direction de l'école ne sait pas, à l'heure de l'ouverture des grilles, si un remplaçant sera mandaté ou non. Ce phénomène, qui pourrait se comprendre le premier jour, se répète parfois de jour en jour et jusqu'au retour de l'enseignant titulaire. Du coté des services de pilotage, notamment des Inspecteurs de l'Education Nationale, de nombreux parents d'élèves ont signalé un accueil très désagréable, un refus de communiquer sur les échéances ou les décisions prises, sans compter les justifications déconcertantes qui ont pu être entendues à certains endroits...Dans le Secondaire, les contacts de proximité, professeurs principaux, CPE ou chefs d'établissement, ne peuvent délivrer aucune information définitive aux parents d'élèves, renvoyant sur le Rectorat, ce dernier restant souvent silencieux et ne répondant pas aux familles ou aux représentants de parents d'élèves. Cela accroit l'incompréhension et brouille les perspectives.Au final, ce mode de communication génère à lui seul une grande partie de la colère, de la frustration et des mouvements de protestation des familles face au non-remplacement des enseignants absents. Revoir l'information donnée aux familles, son timing, son contenu, parait donc une priorité. Pour donner le sentiment aux parents d'élèves que "le système" se soucie bien de leurs enfants et pour leur permettre de s'organiser le cas échéant.

 

Le casse-tête des absences perlées

 Comme il a été indiqué plus haut, que cela soit dans le Primaire ou dans le Secondaire, la gestion des absences "prévues" courtes diffèrent fortement de celle des absences "prévues" longues.La difficulté apparait lorsqu'une absence initialement "prévue" courte se prolonge par une succession d'absences courtes. C'est le cas, par exemple, des arrêts maladie de quelques jours qui se prolongent de semaine en semaine. Ce phénomène s'appelle d'un nom poétique : "les absences perlées". Le système a depuis longtemps du mal à répondre à ce cas d'espèce. Pourtant, pour les familles et les élèves, les conséquences sont les mêmes : il n'y a pas cours. Il apparait donc urgent de réfléchir à des moyens plus efficaces pour faire en sorte que "les absences perlées" perdent cet effet dévastateur pour l'organisation du remplacement d'enseignant du Primaire comme du Secondaire. 

 

Loin des yeux, loin des cours !

 La Seine-et-Marne, comme l'académie de Créteil, comprend, sur une grande étendue, des territoires très urbains et connectés, et des territoires ruraux moins bien desservis.Dans le Secondaire surtout, la difficulté à pourvoir à des remplacements dans les établissements scolaires des "territoires périphériques" est bien connue. Pourtant, de l'avis des parents d'élèves concernés, la réponse du Rectorat de Créteil semble bien faible. Il est donc capital que la remplacement dans les établissements scolaires du grand Est, du Nord et du Sud de la Seine-et-Marne soit pensé et organisé de façon spécifique, pour tenir compte des contraintes liées à ces territoires ruraux (trajet routier long, difficulté d'accès en transport en commun depuis l'agglomération parisienne, frais de transport importants...)

 

Que demande la FCPE de Seine-et-Marne aux représentants l'Education Nationale ?

 

1/ Revoir d'urgence la communication autour des remplacements d'enseignants, pour permettre aux parents d'élèves de s'organiser, de suivre la situation et d'être rassuré sur la continuité de l'enseignement dispensé à leurs enfants.

2/ Accroitre les efforts de rationalisation et d'organisation des remplacements, pour améliorer encore le taux de réponse aux demandes de remplacement.

3/ Ouvrir un point d'entrée unique au Rectorat de Créteil pour le Secondaire et à la DSDEN 77 pour le Primaire, afin que les parents puissent signaler rapidement les situations les plus problématiques. Par ces propositions, la FCPE de Seine-et-Marne espère participer à une amélioration des conditions d'enseignement pour les élèves du département, et également à l'apaisement des relations entre les parents d'élèves, les équipes des établissements scolaires et les services de l'Education Nationale.

 

Pour qu'il ne soit plus nécessaire d'en venir au conflit ou de solliciter les médias pour régler des problèmes, somme toute, courants !  

 


  

Pour aller plus loin, consultez l'article "Les remplacements d'enseignant, comment ça marche ?", en cliquant ici.